Un attaché d'administration de l'État débute aujourd'hui avec un traitement indiciaire supérieur de seulement 4,1 % au SMIC.
Pour un corps de catégorie A, recrutant notamment à bac +3, et dont les agents exercent des responsabilités croissantes, le constat est pour le moins édifiant. Vingt ans de politiques salariales ont progressivement réduit la reconnaissance des qualifications dans les grilles de la fonction publique.
En juillet 2006, le SMIC mensuel brut s'élevait à 1 254,28 €. En octobre 2026, il atteint 1 867,02 €, soit une augmentation de 48,9 %. Pendant cette même période, la valeur du point d'indice de la fonction publique n'a progressé que de 9,4 %.
Autrement dit, le SMIC a augmenté plus de cinq fois plus vite que la valeur du point d'indice ! Et ce n'est évidemment pas le SMIC qui progresse trop rapidement, mais bien les traitements des fonctionnaires qui décrochent.
Des débuts de carrière de plus en plus proches du SMIC!
En 2006, un attaché débutait à l'indice majoré 349, soit environ 1 570 € brut mensuels de traitement indiciaire, représentant près de 125 % du SMIC de l'époque.
En 2026, le premier échelon se situe à l'indice majoré 395, soit 1 944,49 € brut mensuels. Cela ne représente plus que 104,1 % du SMIC !
En vingt ans, l'écart entre le traitement indiciaire d'un attaché débutant et le SMIC est ainsi passé d'environ 25 % à seulement 4,1 %.
La qualification universitaire, les compétences attendues et les responsabilités confiées n'ont pourtant pas diminué. Bien au contraire ! Mais visiblement, la reconnaissance salariale de ces responsabilités n'a pas suivi le même chemin.
Les évolutions indiciaires témoignent également d'un tassement des carrières.
Entre 2006 et 2026, l'indice majoré de début du grade d'attaché est passé de 349 à 395, soit 46 points supplémentaires. Sur la même période, l'indice terminal est passé de 658 à 678, soit seulement 20 points supplémentaires.
Pour les attachés principaux, le premier indice majoré est passé de 434 à 505, tandis que l'indice terminal évoluait de 783 à 826.
Ces évolutions ont permis de relever certains débuts de grille (pour ne pas être dépassé par la SMIC!), mais sans revalorisation nette de l'ensemble des parcours. Résultat : l'amplitude indiciaire du grade d'attaché s'est réduite, passant de 309 à 283 points majorés.
L'expérience, l'ancienneté et les compétences acquises au fil des années doivent pourtant se traduire par une véritable progression de carrière, et pas seulement par quelques points supplémentaires au gré des réformes.
Les primes pour masquer la faiblesse des traitements ?
Bien entendu, on nous répondra que les attachés perçoivent également des primes. Le RIFSEEP serait-il devenu la solution miracle à toutes les insuffisances des grilles indiciaires ?
Pour FO, la réponse est non.
Le régime indemnitaire varie selon les fonctions, les groupes de cotation, les services et les ministères. Il contribue à individualiser les rémunérations et ne garantit pas une progression égalitaire tout au long de la carrière.
Surtout, les primes ne sont pas prises en compte dans le calcul de la pension!
Une rémunération de catégorie A doit d'abord reposer sur une grille indiciaire digne de ce nom, et non sur des primes destinées à compenser les insuffisances du traitement.
FO revendique un début de grille de catégorie A à 160 % du SMIC !
Notre fédération des fonctionnaires, la FGF-FO revendique un début de grille de catégorie A fixé à 160 % du SMIC. Avec le SMIC d'octobre 2026, cela représenterait environ 2 987 € brut mensuels, contre 1 944,49 € actuellement pour un attaché débutant.
Soit un écart de plus de 1 042 € brut par mois !
Ce chiffre illustre l'ampleur du déclassement indiciaire et le chemin qui reste à parcourir pour reconnaître réellement les qualifications et les responsabilités des agents de catégorie A.
Le SNP2E-FO porte les revendications de la FGF-FO : une augmentation immédiate de 10 % de la valeur du point d'indice, un plan de rattrapage des pertes accumulées depuis 2000, l'indexation du point d'indice sur l'inflation et une refonte complète des grilles indiciaires pour redonner du sens aux carrières. FO revendique également l'intégration des primes dans le traitement pour leur prise en compte dans le calcul des pensions.
Les attachés ne demandent pas un traitement de faveur. Ils demandent que leur rémunération corresponde enfin à leur niveau de qualification, à leur expertise et aux responsabilités qu'ils exercent.
À force de comprimer les grilles et de multiplier les primes pour compenser les insuffisances indiciaires, l'administration finit par dévaloriser les carrières de ceux qui font fonctionner les services publics.
Pour le SNP2E-FO, une carrière de catégorie A ne doit pas commencer à quelques euros du SMIC. Et vingt ans d'expérience doivent valoir bien davantage qu'une succession de responsabilités supplémentaires !