Une publication qui remet au cœur du débat une question pourtant élémentaire : comment accepter que des agents publics, indispensables au fonctionnement des services, voient leur pouvoir d’achat se dégrader et leurs perspectives de carrière se réduire année après année ?
Le constat est connu, mais il mérite d’être rappelé. Le gel de la valeur du point d’indice, les revalorisations insuffisantes des grilles indiciaires et l’inflation accumulée ont considérablement affaibli les rémunérations. Les premiers échelons de plusieurs grades se retrouvent au niveau du SMIC (voire même en dessous) ou à proximité immédiate, tandis que les écarts de rémunération entre les échelons et les grades se resserrent. Résultat, les agents peuvent gagner en expérience et en ancienneté, développer leurs compétences, prendre davantage de responsabilités et constater que leur progression salariale reste bien modeste. À ce rythme, l’ancienneté finira presque par devenir une activité bénévole !
Cette situation concerne l’ensemble des catégories.
Les agents de catégorie C subissent de plein fouet le tassement des grilles et la faiblesse des rémunérations de début de carrière.
Les agents de catégorie B voient leurs qualifications, leur technicité et leurs responsabilités insuffisamment reconnues, avec des perspectives d’accès à la catégorie A qui demeurent pratiquement impossibles.
Quant aux agents de catégorie A, ils ne sont pas épargnés par l’érosion du pouvoir d’achat et la réduction des écarts indiciaires, qui remettent progressivement en cause l’attractivité de leurs carrières.
Au sein de notre pôle ministériel, ces difficultés se conjuguent à un régime indemnitaire de plus en plus individualisé. Le RIFSEEP, occupe une place importante dans la rémunération des agents, sans pour autant garantir une progression égalitaire et pérenne. Les écarts entre fonctions, groupes et services alimentent les incompréhensions, tandis que la reconnaissance de l’expérience professionnelle reste souvent insuffisante. Et contrairement au traitement indiciaire, les primes ne sont pas prises en compte dans le calcul de la retraite des fonctionnaires. Une différence qui prend toute son importance au moment de liquider sa pension.
Pour FO, la réponse ne peut pas consister à multiplier les primes ponctuelles ou à individualiser davantage les rémunérations. Nous revendiquons une augmentation immédiate et significative de la valeur du point d’indice, une refonte des grilles indiciaires permettant une véritable progression tout au long de la carrière, la reconnaissance des qualifications et des responsabilités ainsi que l’amélioration des possibilités de promotion. Nous exigeons également une meilleure prise en compte des primes dans les droits à pension et des mesures permettant de réduire les inégalités de rémunération entre les femmes et les hommes.
La question salariale ne peut d’ailleurs pas être dissociée de celle des effectifs et des conditions de travail. Comment rendre les métiers de la Fonction publique attractifs lorsque les rémunérations stagnent, que les possibilités d’évolution se réduisent et que les agents doivent assurer toujours davantage de missions avec moins de moyens ? La reconnaissance du travail accompli ne peut pas se résumer à quelques mots bien choisis lors d’un entretien professionnel.
Vivre dignement de son travail ne devrait pas être une revendication syndicale, mais une évidence. C’est pourtant un combat que FO doit continuer de mener, pour défendre le pouvoir d’achat, les carrières et les droits à la retraite de l’ensemble des agents publics. Car une Fonction publique attractive et des services publics de qualité passent aussi, et surtout, par une juste rémunération de celles et ceux qui les font vivre.
Pour retrouver le livret « Vivre dignement de son travail », publié le 6 octobre 2026 par la FGF-FO ICI