Rassurons-nous : plutôt que de réparer le système, certaines propositions suggèrent d’aller encore plus loin dans l'individualisation!
En 2025, les primes et indemnités représentent 19 milliards d’euros et désormais 25 % de la rémunération des agents de l’État, contre 20,4 % en 2015. Pendant cette décennie, l’inflation a progressé de 20,9 %, quand la valeur du point d’indice n’augmentait que de 6,3 %.
La recette est connue : on bloque le traitement indiciaire, on tasse les grilles, puis on remplace progressivement le salaire par des primes variables, modulables et très peu prises en compte pour la retraite. Et ensuite, on s’étonne que les carrières perdent leur attractivité…
Le rapport confirme également que la rémunération indemnitaire amplifie considérablement les inégalités entre les femmes et les hommes : l’écart atteint 8,1 % sur la rémunération principale, mais 38,3 % sur les primes. Voilà qui devrait conduire à renforcer l’indiciaire. Eh bien non : plusieurs propositions encouragent davantage de rémunération liée aux fonctions, à la performance et à la « manière de servir ». Quand le thermomètre indique de la fièvre, certains proposent manifestement d’augmenter la température!
À l’Écologie : champions de la rationalisation, derniers pour la revalorisation!
Notre ministère a particulièrement bien appris la leçon de la « rationalisation» : le nombre de primes ministérielles est passé de 76 en 2015 à 24 en 2024. Les corps techniques ont été basculés au RIFSEEP, l’ISS a disparu et les régimes indemnitaires ont été fusionnés avec beaucoup d’application.
Mais lorsqu’il faut revaloriser les agents, l’enthousiasme disparaît soudainement.
Entre 2020 et 2025, la rémunération totale moyenne des agents du pôle ministériel n’a progressé que de 3,3 %, soit la plus faible évolution de tous les ministères étudiés. La rémunération principale, elle, n’a augmenté que de 1,1%.
Et pour l'écrasante majorité des agents, les mesures catégorielles 2026, c’est 0 euro. La reconnaissance des compétences est décidément beaucoup plus généreuse dans les discours que sur les fiches de paie.
Le rapport envisage aussi de revoir le forfait télétravail. L’État réduit ses surfaces de bureaux, développe le flex-office, transfère une partie des dépenses d’électricité et de chauffage au domicile des agents… puis envisage de réduire leur indemnisation. Il fallait y penser!
Pour le SNP2E-FO, il faut changer de politique salariale!
Le SNP2E-FO revendique :
- la revalorisation immédiate et pérenne du point d’indice ;- la reconstruction des grilles et de véritables perspectives de carrière ;
- le rattrapage des pertes de pouvoir d’achat ;
- la revalorisation des socles d’IFSE et une convergence indemnitaire par le haut ;
- la fin des enveloppes fermées et des quotas de CIA ;
- la suppression des inégalités indemnitaires entre les femmes et les hommes ;
- l’intégration progressive des primes dans le traitement indiciaire afin qu’elles comptent réellement pour la retraite ;
- un véritable rattrapage catégoriel pour les agents du pôle ministériel.
Les agents ont suffisamment donné à la rationalisation. Il est maintenant temps de rationaliser les injustices : en les supprimant !
Pour aller plus loin:
Lire l’analyse et le communiqué de la FEETS-FOConsulter le rapport IGF-IGA « Primes et indemnités dans la Fonction publique de l’État"