Après plusieurs mois de négociations sur l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes dans la Fonction publique, notre fédération des fonctionnaires la FGF-FO a annoncé, le 15 octobre 2026, qu'elle ne signerait pas le projet d'accord présenté par la DGAFP. En cause : des ambitions affichées, mais aucun engagement financier à la hauteur des inégalités à corriger.
L'égalité professionnelle ne se décrète pas, elle se construit. Encore faut-il s'en donner les moyens ! Depuis plusieurs mois, nos représentants participaient à des négociations destinées à élaborer un nouvel accord pour réduire les inégalités entre les femmes et les hommes dans la Fonction publique. Dès le départ, FO avait dénoncé l'absence de discussion sur les moyens budgétaires nécessaires à la réduction des écarts de rémunération. Cela n'a pas empêché notre organisation de participer activement aux travaux, avec des contributions écrites et une présence aux 21 réunions organisées par la DGAFP.
Le 10 septembre dernier, FO dénonçait déjà l'interruption des discussions par la DGAFP, alors que nous demandions des engagements concrets sur les rémunérations, les carrières, les droits des agents et les moyens financiers. Un mois plus tard, le constat n'a pas changé. Dans un courrier adressé le 15 octobre au ministre de l'Action et des Comptes publics, Christian Grolier, secrétaire général de FO Fonction publique, estime que le projet d'accord se résume à un guide de bonnes pratiques, sans moyens d'accompagnement ni ambition suffisante pour réduire significativement les inégalités.
Car derrière les déclarations de principe, les difficultés restent bien réelles. Les femmes demeurent particulièrement exposées aux conséquences des carrières interrompues, du temps partiel, des difficultés d'accès aux promotions et de la moindre reconnaissance de certains métiers à prédominance féminine. Ces inégalités se répercutent sur les rémunérations tout au long de la vie professionnelle, puis sur les pensions de retraite. À cela s'ajoutent le gel du point d'indice, le tassement des grilles indiciaires, le jour de carence et la réduction de 10 % de la rémunération en congé de maladie ordinaire. FO dénonce également l'absence de prise en compte adaptée des situations de grossesse difficile. Difficile, dans ces conditions, de prétendre faire progresser l'égalité tout en maintenant des mesures qui fragilisent financièrement les agents.
Au sein de notre pôle ministériel, ces enjeux sont particulièrement importants. L'accès aux promotions, la reconnaissance des qualifications, les parcours professionnels, les mobilités et les écarts de rémunération indemnitaire doivent faire l'objet d'une vigilance constante. L'égalité professionnelle ne peut pas se limiter à des indicateurs ou à des plans d'action successifs. Elle doit se traduire par des résultats mesurables, des carrières réellement accessibles et des rémunérations égalitaires.
Et les perspectives budgétaires pour 2027 ne sont guère rassurantes. Avec 54 milliards d'euros d'économies envisagées, FO redoute que les engagements en faveur de l'égalité professionnelle restent une nouvelle fois privés des financements indispensables à leur mise en œuvre. On peut toujours multiplier les objectifs et les tableaux de suivi, mais sans moyens, les inégalités ont encore de beaux jours devant elles !
Pour le SNP2E-FO, l'égalité professionnelle exige des actes et des moyens. Nous revendiquons des mesures salariales concrètes, la revalorisation des métiers à prédominance féminine, un égal accès aux promotions et aux responsabilités, une meilleure prise en compte des interruptions de carrière liées à la parentalité et des garanties effectives contre les discriminations. Nous demandons également la suppression du jour de carence, le rétablissement de la rémunération intégrale en congé de maladie ordinaire et des mesures permettant de réduire durablement les écarts de pension entre les femmes et les hommes.
Refuser de signer cet accord ne signifie pas refuser l'égalité professionnelle, bien au contraire. C'est refuser qu'elle se résume à de bonnes intentions sans moyens pour les concrétiser.
Le SNP2E-FO continuera de défendre une égalité réelle, dans les rémunérations, les carrières et les droits de l'ensemble des personnels. L'égalité professionnelle mérite mieux qu'un accord de principe : elle mérite des engagements financés, contraignants et vérifiables.