Une nouvelle étude de la Direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP), publiée le 15 octobre 2026 à partir de l’enquête «Conditions de travail 2024», confirme une réalité que les agents publics connaissent depuis longtemps : les conditions de travail restent préoccupantes et le sentiment de manque de reconnaissance est particulièrement marqué dans la Fonction publique.
Selon cette étude, 41 % des agents publics estiment être mal rémunérés au regard du travail accompli, contre 31 % des salariés du secteur privé. Dix points d’écart qui illustrent le décalage entre l’engagement demandé aux personnels et la reconnaissance qui leur est accordée. Autre constat révélateur, 69 % des agents publics déclarent être en contact avec des personnes en détresse, une proportion presque deux fois supérieure à celle observée dans le privé. L’étude souligne également des tensions dans les relations professionnelles et des difficultés liées aux exigences émotionnelles du travail.
Au sein de notre pôle ministériel, ces constats trouvent un écho particulier. Les réorganisations se succèdent, les effectifs se réduisent, les postes vacants se multiplient et les missions continuent de s’accumuler. Les agents doivent s’adapter en permanence, absorber des charges de travail supplémentaires et maintenir la qualité du service public avec des moyens toujours plus contraints. La polyvalence est devenue une qualité très recherchée par l’administration, surtout lorsqu’elle permet de faire le travail de plusieurs personnes sans en avoir les effectifs !
Les difficultés ne se limitent pas à la charge de travail. Le manque de perspectives de carrière, les mobilités entravées, la reconnaissance insuffisante des qualifications et les pratiques managériales parfois contestables contribuent également à dégrader le quotidien professionnel. Les alertes remontées par nos représentants dans les services témoignent de situations qui ne peuvent plus être traitées comme de simples difficultés individuelles.
Pour le SNP2E-FO, l’amélioration des conditions de travail ne peut pas se limiter à quelques plans d’action ou à de nouvelles enquêtes dont les conclusions finissent parfois par prendre la poussière. Elle exige des effectifs suffisants, une véritable prévention des risques psychosociaux, des organisations du travail respectueuses des personnels et une reconnaissance effective des compétences et des responsabilités exercées. Les formations spécialisées en matière de santé, de sécurité et de conditions de travail doivent disposer des informations et des moyens nécessaires pour exercer pleinement leurs missions, et les alertes des représentants du personnel doivent recevoir des réponses concrètes.
Les agents n’attendent pas qu’on leur explique une nouvelle fois pourquoi ils vont mal. Ils attendent des mesures pour pouvoir travailler correctement. Le SNP2E-FO continuera de porter ces exigences auprès de l’administration, car préserver la santé des agents et améliorer leurs conditions de travail ne relève bien de la responsabilité de l’employeur public!