
À l'occasion de cet anniversaire, FO Fonction publique publie une brochure qui rappelle pourquoi ce statut a été conquis, ce qu'il protège et pourquoi sa défense reste plus que jamais d'actualité.
Le 19 octobre 1946, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la France se dotait d'un statut général des fonctionnaires. Une avancée sociale majeure, destinée à protéger les agents contre l'arbitraire et à garantir une administration indépendante des changements politiques, au service de l'intérêt général.
Le statut n'est pas un privilège accordé aux fonctionnaires. C'est une garantie collective ! Il repose notamment sur l'égalité d'accès aux emplois publics, le recrutement par concours, la reconnaissance des qualifications, les grilles indiciaires et la séparation du grade et de l'emploi. Autant de principes qui permettent aux agents d'exercer leurs missions sans dépendre du bon vouloir de leur hiérarchie.
Mais ces garanties sont aujourd'hui fragilisées. La loi de transformation de la Fonction publique de 2019, l'affaiblissement des instances paritaires, le recours accru aux contractuels, l'individualisation des rémunérations et le tassement des grilles indiciaires participent, selon FO, à une remise en cause progressive des fondements statutaires.
Et les conséquences sont bien concrètes pour les agents : des carrières qui stagnent, des qualifications insuffisamment reconnues, des rémunérations de plus en plus dépendantes des primes, des possibilités de promotion réduites et des services publics confrontés au manque d'effectifs.
La brochure de la FGF-FO revient sur l'histoire de cette conquête, les droits progressivement obtenus et les évolutions qui les fragilisent. Elle rappelle notamment un principe fondamental, trop souvent oublié : le grade appartient au fonctionnaire, l'emploi répond aux besoins du service public. Une distinction essentielle pour garantir l'indépendance des agents et sécuriser leurs parcours professionnels.
Pour FO, défendre le statut, c'est donc aussi revendiquer la revalorisation du point d'indice, de véritables déroulements de carrière, la priorité à l'emploi statutaire, la protection des droits collectifs et les moyens nécessaires à l'exercice des missions publiques.
Quatre pages à lire pour comprendre que les droits dont nous bénéficions aujourd'hui ne sont pas tombés du ciel et que leur maintien n'a rien d'automatique.
80 ans de statut : un héritage à connaître, des garanties à préserver et des droits à défendre !