La nouvelle note de gestion RIFSEEP du 22 juillet 2026 est publiée. Elle remplace celle du 4 septembre 2025 et s’applique, sauf dispositions particulières, à compter du 1er janvier 2026. IFSE, CIA, groupes de fonctions, socles, mobilités, promotions, réexamen : tout y est. Plus de cent pages pour expliquer notre régime indemnitaire ; personne ne pourra dire que l’administration ne contribue pas à la littérature estivale.
Bilan: Une large partie des règles et des montants de 2025 est reconduite. (pas de quoi faire face à l'inflation galopante!). Quelques évolutions méritent néanmoins d’être relevées, à commencer par celles concernant la catégorie C.
Catégorie C : des socles revalorisés… sans le sous-groupe que l’administration voulait ajouter
C’est la principale évolution financière de la note 2026. Pour les corps communs de catégorie C, notamment les adjoints administratifs, les socles IFSE sont revalorisés de 600 € bruts annuels dans la plupart des situations, soit 50 € bruts par mois, et jusqu’à 730 € bruts annuels pour certains agents du groupe 1 relevant du barème AC, soit environ 60,83 € par mois.
Précision indispensable : on parle bien d’une augmentation des socles et non d’un chèque de 600 ou 730 € adressé à chaque agent. Le socle est un minimum de gestion ; le gain réel dépend donc de l’IFSE déjà détenue. Au final, ces évolutions ne bénéficieront qu'à une faible partie des agents. Une revalorisation en trompe l'oeil!
Mais l’administration avait initialement accompagné cette revalorisation d’une petite idée dont elle seule a le secret : créer encore un sous-groupe.
Le projet présenté aux organisations syndicales prévoyait de scinder le groupe 1 en G1.1 et G1.2. Les agents accédant au groupe 1 au titre de leurs 13 années d’ancienneté auraient notamment été classés en G1.2. Selon les propres estimations de l’administration, environ 2 100 agents auraient relevé du G1.2, contre seulement 260 du G1.1.
Le SNP2E-FO s’y est fortement opposé. Le RIFSEEP comporte déjà suffisamment de groupes, sous-groupes, critères, tickets et exceptions pour ne pas avoir besoin d’une nouvelle case dans laquelle ranger les agents.
Au-delà de la complexité supplémentaire, cette segmentation risquait surtout d’accroître les différences de traitement au sein d’un même corps et d’accentuer les inégalités indemnitaires entre les femmes et les hommes, notamment chez les adjoints administratifs, corps très majoritairement féminin. En distinguant davantage les agents selon les fonctions occupées et l’accès aux postes les mieux cotés, on risquait de transformer les inégalités de parcours, de mobilité et d’accès aux responsabilités en inégalités supplémentaires de rémunération.
Grâce à notre forte intervention, l’administration a finalement reculé : les G1.1 et G1.2 ont disparu de la note définitive et l’architecture en deux groupes est maintenue.
Comme quoi, même dans le RIFSEEP, il arrive qu’un sous-groupe disparaisse avant d’avoir eu le temps de compliquer la vie de tout le monde.
Pour FO, les choses étaient simples : oui à la revalorisation des catégories C ; non à une revalorisation payée par davantage d’individualisation et d’inégalités.
Catégorie B : pour la revalorisation générale, merci de repasser
Pour les corps communs de catégorie B, la note 2026 est nettement moins mouvementée : pas de revalorisation générale des socles IFSE.
Les principaux mécanismes restent également inchangés. Le montant cible du réexamen reste fixé à 500 €, le ticket de mobilité ascendante à 800 € et celui applicable à certaines mobilités au sein d’un même groupe à 600 €.
Bref, 2026 ressemble beaucoup à 2025. La progression indemnitaire continue notamment de dépendre des mobilités, des promotions et de la cotation du poste.
Le coût de la vie peut évoluer ; certains barèmes, manifestement, bénéficient d’une remarquable stabilité.
Attachés : 2025, mais avec écrit « 2026 » en haut de la note
Pour les attachés d’administration de l’État, même constat : aucune revalorisation générale des socles IFSE.
Le montant cible du réexamen reste à 700 €. Le ticket pour un changement de groupe ou sous-groupe ascendant demeure fixé à 1 200 € et celui applicable à certaines mobilités au sein du même groupe ou sous-groupe à 800 €. Les montants liés aux principales promotions restent eux aussi inchangés.
Socles inchangés, réexamen inchangé, tickets de mobilité inchangés, montants de promotion inchangés : la note change de millésime, les montants beaucoup moins.
La forte différenciation indemnitaire entre attachés selon le grade, le groupe de fonctions et l’affectation AC/SD demeure donc pleinement d’actualité.
Quelques précisions tout de même utiles
La note 2026 apporte plusieurs précisions qui ne sont pas à négliger.
Le groupe de fonctions doit obligatoirement figurer sur la fiche de poste, pour chacun des corps auxquels le poste est ouvert. Ce n’est pas une information décorative : ce classement détermine notamment le socle IFSE applicable et peut avoir des conséquences importantes sur le parcours indemnitaire.
La note précise également davantage les critères permettant de caractériser certaines fonctions : chargé de mission ou de projet, chargé de mission référent, forte expertise, forte exposition, etc. Autant d’éléments à regarder lorsqu’un agent estime que la cotation de son poste ne correspond plus à la réalité de ses responsabilités.
Elle rappelle aussi que le socle constitue le montant minimal d’IFSE en gestion. Une situation conduisant exceptionnellement à une IFSE inférieure au socle doit être motivée et notifiée à l’agent avec indication des voies et délais de recours.
En clair : les annexes ne sont pas réservées aux spécialistes du RIFSEEP. Elles peuvent aussi servir à vérifier que l’administration applique à l’agent les règles qu’elle a elle-même écrites.
CIA : l’individualisation, elle, se porte toujours bien
Du côté du CIA, pas de remise en cause du principe : il demeure lié à l’engagement professionnel et à la manière de servir, appréciés notamment à travers le CREP, et n’est pas automatiquement reconductible d’une année sur l’autre.
En cas de changement d’employeur au cours de l’année, chaque employeur détermine sa part de CIA correspondant au temps de présence de l’agent. La note 2026 intègre également le congé supplémentaire de naissance parmi les situations n’entraînant pas de proratisation.
Et naturellement, le CIA continue de s’inscrire dans une enveloppe contrainte. L’individualisation de la rémunération reste donc en excellente santé ; nous aurions aimé pouvoir en dire autant de la revalorisation générale des régimes indemnitaires.
Une note générale aujourd’hui, le décryptage corps par corps dans nos info-lettres
Au final, la note RIFSEEP 2026 apporte une évolution des socles pour les catégories C, accompagnée d’un recul important de l’administration sur la création des sous-groupes G1.1/G1.2 après l’intervention du SNP2E-FO. Pour les catégories B et les attachés, en revanche, les principaux paramètres indemnitaires restent largement gelés.
Et parce que 108 pages de RIFSEEP ne se résument pas raisonnablement en quelques paragraphes, le SNP2E-FO reviendra dans ses info-lettres dédiées aux différents corps sur les barèmes 2026, les comparaisons avec 2025 et les conséquences concrètes pour les agents.
En attendant, nous vous invitons à regarder votre groupe de fonctions, votre socle et votre montant d’IFSE. Parce qu’avec le RIFSEEP, ce n’est pas parce que rien ne semble bouger qu’il ne faut pas vérifier. Et quand quelque chose bouge, mieux vaut encore vérifier dans quel sens.
