Direction générale de l’environnement : encore une réorganisation… mais pour quoi faire ?

La création d’une Direction générale de l’environnement (DGE) se précise. La DGALN doit être scindée, la DGPR intégrée dans le nouveau périmètre et des centaines d’agents vont devoir retrouver leur place dans un nouvel organigramme.

  • TSDD
  • SACDD
  • Adjoints administratifs (AAAE)
  • Adjoints techniques (ATAE)
  • Attaché (AAE)
  • Architecte et urbaniste de l’État (AUE)
  • OPA
  • Contractuels

Pour le SNP2E-FO, avant de déplacer les cases, il serait temps de répondre à une question toute simple : qu’est-ce que cette réforme va réellement améliorer pour les missions et pour les agents ?


La DGALN disparaît, la DGE arrive!

Le projet prévoit de mettre fin à l’actuelle Direction générale de l’aménagement, du logement et de la nature (DGALN) pour créer notamment deux nouvelles directions générales : une Direction générale de l’environnement (DGE), d’un côté, et une Direction générale de l’habitat, de l’aménagement et du bâtiment (DG HAB), de l’autre.

La future DGE doit notamment rassembler des politiques aujourd’hui portées par la direction de l’eau et de la biodiversité et la Direction générale de la prévention des risques.

Les macro-organigrammes présentés en septembre confirment donc qu’il ne s’agit pas d’un simple changement d’appellation : c’est une réorganisation importante de l’administration centrale, dont la mise en œuvre est annoncée pour avril 2027.


À force de vouloir simplifier, on recrée des silos.

FO alerte depuis l’annonce du projet sur un risque majeur : casser la transversalité qui constitue précisément l’une des raisons d’être de notre pôle ministériel.

Eau, biodiversité, prévention des risques, urbanisme, logement, bâtiment et aménagement du territoire ne vivent pas chacun dans leur petite boîte.

Comment adapter les villes aux canicules sans travailler simultanément sur l'environnement, l'urbanisme et le bâtiment?

Comment préserver la biodiversité sans agir sur l'aménagement du territoire?

Comment prévenir les inondations sans articuler eau, risques, urbanisme et politiques territoriales?

Pour FO, la création de la DGE risque ainsi de reconstituer des silos et d'affaiblir la vision transversale des politiques publiques environnementales.


Derrière les cases, il y a surtout des agents !

C'est le point qui nous préoccupe directement. Une réorganisation n'est jamais seulement une affaire d'organigramme.

Ce sont des postes qui disparaissent ou changent de périmètre, des agents repositionnés, des collectifs de travail bouleversés, de nouvelles chaînes hiérarchiques et parfois des années de construction professionnelle remises en cause.

Les premiers repositionnements montrent d'ailleurs pourquoi FO refuse les garanties en trompe-l'œil. FO a ainsi signalé des situations dans lesquelles des agents conserveraient leur rémunération mais se verraient proposer des postes relevant de groupes de fonctions inférieurs. 

Voilà précisément pourquoi le discours consistant à dire « il n'y aura pas de perte de rémunération » ne suffit pas. Un déclassement fonctionnel peut avoir des conséquences sur la suite du parcours professionnel, la mobilité, l'accès à certains emplois et les perspectives de carrière.

Le salaire du mois prochain n'est donc pas le seul sujet. La carrière de demain compte aussi.


Et pour les contractuels?

La vigilance doit être tout aussi forte. Les informations communiquées sur la réforme indiquent qu'en cas de refus persistant des postes proposés, un fonctionnaire pourrait finalement être affecté sur un emploi correspondant à son corps et à son grade.

Pour les agents contractuels, les conséquences peuvent être beaucoup plus lourdes puisque le refus des propositions de repositionnement pourrait aller jusqu'à la rupture du contrat.

Autant dire que, pour le SNP2E-FO, l'accompagnement RH ne peut certainement pas se résumer à une FAQ sur l'intranet et quelques entretiens individuels.


Toujours la même méthode : réorganiser d'abord, expliquer ensuite?

FO avait déjà posé la question à la ministre dès juin : pourquoi cette réorganisation ? Et surtout : pourquoi maintenant ?

FO l'a rappelé : l'enjeu n'est pas de savoir si l'on sait déplacer des cases sur un organigramme, mais si le ministère disposera demain des moyens humains, budgétaires et organisationnels nécessaires pour exercer ses missions. Cette question prend aujourd'hui une dimension particulière.

Alors que l'administration consacre du temps et de l'énergie à cette nouvelle architecture, 157,5 millions d'euros de crédits viennent d'être retirés au ministère de l'Écologie en septembre 2026. Cherchez l'erreur!

Moins de crédits, des services déjà en tension, des agents qui absorbent réorganisation après réorganisation… et la réponse serait une nouvelle réforme de structure?


Pour le SNP2E-FO, les garanties doivent être claires.

Nous serons particulièrement attentifs aux conséquences de cette réforme pour les personnels. Aucun agent ne doit payer la facture de la nouvelle DGE.

Cela signifie : pas de perte de rémunération, pas de déclassement fonctionnel déguisé, pas de mobilité imposée faute de véritable choix, maintien des perspectives de carrière, transparence sur les groupes de fonctions et les cotations de postes, accompagnement réel des agents contractuels et prise en compte des conséquences de la réforme sur les conditions de travail et les risques psychosociaux.

Et surtout, les agents doivent disposer d'une information complète suffisamment en amont des décisions individuelles.

Pour le SNP2E-FO, la priorité devrait être ailleurs: Des effectifs. Des moyens. Des rémunérations revalorisées. De véritables perspectives de promotion. Des compétences reconnues. Des services capables d'exercer correctement leurs missions.

FO défend un ministère technique fort, capable d'intervenir sur l'ensemble des politiques publiques qui relèvent de son champ et de conserver son expertise.

La transition écologique ne se fera pas en séparant artificiellement environnement, logement, aménagement, bâtiment et territoires.

Elle se fera encore moins en demandant aux agents de supporter une nouvelle réorganisation alors que les moyens diminuent.

Alors avant de déplacer une nouvelle fois les cases de l'organigramme, donnez donc aux agents les moyens de remplir leurs missions !

Le SNP2E-FO sera particulièrement vigilant : la création de la DGE ne doit se traduire ni par un déclassement des agents, ni par un affaiblissement des missions, ni par une nouvelle étape du démantèlement de notre pôle ministériel.


Rejoindre le SNP2E-FO

Plus nombreux, plus forts. Adhérez à FO.

Défense individuelle, information, négociation collective : votre adhésion fait la force du syndicat.